Un projet inattendu
Tout commence par une info, trois ans auparavant : pas la peine de repeindre votre salon, leur dit le gardien, l'immeuble est en vente. Ils apprendront plus tard qu'il est question de les... découper. Diantre ! Vente à la découpe, à l'époque, on ne savait pas ce que ça voulait dire. Mais autant anticiper.
D'abord réunir les fonds... Hors sujet.
Deux années plus tard.
C'est la flambée immobilière. Leur moral suit une courbe inverse de celle des éditoriaux enthousiastes du supplément immobilier de tel l'hebdo de gauche : "Immobilier : quelle santé !"... A votre santé messieurs dames ! Pour la gauche, on repassera ; pour le caviar, aussi. Où aller, où ne pas aller ? Et l'école pour les enfants ? L'idée de quitter la capitale devient plausible. Ils n'y auraient jamais pensé. Dans ce cas, pourquoi pas une maison, leur sussure-t-on. Pas bête : tant qu'à quitter la ville, autant profiter des avantages de la banlieue.
Alors ils ont cherché, cherché pendant des semaines, encore cherché. Ils ont écumé la banlieue sud et est de la capitale à la recherche d'un doux logis. Sans succès : rien, pas beau, trop cher. Après trois mois - la patience n'est pas leur qualité première, et puis le marché est à la hausse, sans parler de l'investissement dans les visites - , la conclusion s'impose : faire construire est la seule solution accessible.
Faire construire ? Mais quoi ? Il y a une maison à
vendre qui leur plaît bien, dans une petite banlieue tranquille. Trop
chère mais en bois. "Californienne" qu'y disent. Un petit coup de
Google : "maison en bois". Paf ! Un site : maisons et bois
international. http://www.maisons-et-bois.com/une/index.php
Site d'une revue. On peut commander un "pack découverte". Quinze jours
plus tard, voilà étalé sur la table une somme conséquente. Bientôt il y
en a dans toutes les pièces. Vraiment toutes. Et puis un numéro
spécial. Deux maisons d'un architecte primé à Angers à la catégorie
"petits espaces" et "prix du public". M. Guillerme, Arkea créations : http://www.proximedia.com/web/arkea.html
Tilt ! Comment décrire son style ? Un classicisme discrètement
déglingué ? Une sobre exhubérance élégante ? A chacun de juger. Pour
nous, "He's the man !"
Sur le site du constructeur avec lequel il a réalisé nombre de ses projets, on trouve quantité de ses dessins : http://www.galvaing.fr/09.htm
D'abord trouver un terrain : Hmm... Il y a des terrains en banlieue parisienne ? Y'en a pas. Quand même : Un, deux, trois, et quatre : bingo ! Un "deuxième rang" à Gruyère en Maroiles, 500 m2 dont 50 de chemin, les pieds dans l'eau les bonnes années (1910, 1924 furent des grands cru(e)s.) Six mois qu'il était à vendre. Trop cher, et deuxième rang. Paraît que ça fait peur. Peut-on construire là-dessus ? L'amie de l'autre agence immobilière leur déconseille carrément : "-C'est un deuxième rang !". Comment savoir ? Les constructeurs de DoomExpo : "Nous on construit pas là-bas : le terrain est pourri, et faut construire en fonction du PPRI (Plan de Prévention des Risques d'Inondations)".
C'est le moment d'appeler l'Architecte.
Incroyable, en plus ils sont presque voisins. Allez !
"- Venir visiter le terrain ? Pas de problème. Jeudi ?"
Sur place, une belle après-midi en septembre 2004,
une quasi-jungle improbable à quelques km de Paname. Les pommiers, le
noyer, la vigne, le pêcher. Les cerises et les framboises. Et les
roses. Sauvages.
Le vent seulement qui ramène épisodiquement la rumeur lointaine du RER. Sept minutes à pied.
" - Vous croyez que vous pouvez faire quelque chose ?
" - Oui."
Et voici la vue d'avion du terrain, une fois défriché, prise par Bing maps de Microsoft (Navtech) :
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